Trottinette électrique pour votre ado : pensez à l’assurance avant d’appuyer sur la gâchette

La trottinette électrique trône régulièrement en haut de la liste des cadeaux rêvés par les adolescents. Pourtant, derrière cet engin pratique et populaire se cache une obligation légale que beaucoup de parents ignorent encore : en France, toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être assurée. Avec plus de 5 millions d’unités vendues en dix ans et 80 décès enregistrés en 2025 selon l’ONISR, le sujet mérite qu’on s’y arrête sérieusement.

Une obligation légale que l’assurance habitation ne remplace pas

Beaucoup de familles pensent, de bonne foi, que leur contrat multirisques habitation couvre la trottinette électrique de leur enfant. C’est faux. La responsabilité civile incluse dans l’assurance habitation exclut explicitement les dommages liés à la circulation d’un véhicule à moteur, et la trottinette électrique entre dans cette catégorie. Un contrat spécifique est donc indispensable, conformément à l’article L211-1 du Code des assurances.

Le minimum requis est une garantie responsabilité civile, qui couvre les dommages matériels et corporels causés à des tiers. Des formules plus complètes existent, incluant la protection corporelle du conducteur ou la garantie vol, avec des tarifs qui démarrent autour de 6 euros par mois. Pour bien comprendre les risques concrets liés au défaut de couverture, le guide sur l’assurance trottinette électrique publié par Parole de Mamans détaille précisément ce que vous risquez en cas de pépin. Depuis le 1er avril 2024, la vignette d’assurance n’est plus obligatoire : la preuve de couverture est désormais vérifiée via le Fichier des Véhicules Assurés (FVA), ce qui facilite les contrôles.

Mineurs et trottinette : la responsabilité des parents directement en jeu

En France, la trottinette électrique est autorisée sur la voie publique à partir de 14 ans, depuis le décret n°2023-848. En dessous de cet âge, l’utilisation est strictement réservée aux espaces privés. Mais à partir de 14 ans, les mêmes règles s’appliquent qu’aux adultes : vitesse limitée à 25 km/h, circulation sur piste cyclable obligatoire quand elle existe, interdiction sur les trottoirs, et bien sûr obligation d’assurance.

Si votre adolescent circule sans couverture et provoque un accident, c’est votre responsabilité civile de parent qui est engagée, au titre de l’article 1242 du Code civil. Les conséquences financières peuvent être lourdes : en cas de dommages corporels graves causés à un tiers, les frais sont à assumer personnellement. Et les chiffres donnent à réfléchir : en 2025, 818 victimes ont été blessées par des trottinettes non assurées, et les décès des 14-17 ans ont progressé de 41 en un an, en lien direct avec les nouvelles mobilités.

Des sanctions qui font mal, pour les adultes comme pour les familles

Circuler sans assurance est une infraction pénale. L’amende peut atteindre 3 750 euros, avec possibilité d’immobilisation ou de confiscation de l’engin. En cas de récidive, le montant grimpe jusqu’à 7 500 euros. En 2025, 268 000 procès-verbaux ont été dressés pour défaut d’assurance, soit une hausse de 76 % en un an. Environ deux tiers des trottinettes en circulation ne seraient pas assurées, selon les données du FGAO.

Offrir une trottinette électrique à son ado, c’est une bonne idée. L’accompagner d’un contrat d’assurance adapté, c’est une nécessité. À quelques euros par mois, c’est aussi le moyen d’éviter des situations qui peuvent tourner très vite au cauchemar financier et humain.

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